Centre Régional d’Etudes,

d’Actions et d’Informations
en faveur des personnes

en situation de vulnérabilité

Note sur la publication du rapport IGAS sur les IME

Les IME en 2025

vus par

l’Inspection Générale de l’Action Sociale

(Rapport IGAS septembre 2025)

 

Non, les IME ne sont pas appelés à disparaître.

Pourtant le poids des représentations négatives suscite souvent la résistance des familles nous dit le rapport mais il note « qu’une fois l’admission et l’accompagnement effectifs, le regard sur l’IME parait évoluer de manière positive pour nombre de familles qui en reconnaissent à l’usage les effets positifs pour leur enfant et pour elles-mêmes ».

 

Depuis 2014 le nombre d’IME est passé de 1220 à 1380, de 69200 places à 75700…(avec une dotation moyenne de 50000€ à la place au plan national).

Ce développement ces dernières années a lieu, le plus souvent, dans le cadre de « la transformation de l’offre », qui inscrit les IME dans le processus d'inclusion, tant par les pouvoirs publics que par l’évolution sociétale.

« Aujourd’hui, la question n’est donc pas de savoir s'il faut encore des IME mais pour quel public et selon quelles modalités, en accompagnant les familles pour éviter les choix par défaut ». Des publics plus complexes et aux pathologies plus lourdes.

 

Le rapport souligne que depuis plus d’une dizaine d’années les IME sont exposés à un accroissement et à une évolution des publics accueillis : plus de TSA et de TDI sévères avec un développement des troubles du comportement et des troubles psychiques. Les troubles du neurodéveloppement (TND) y sont aussi à la hausse. Nous assistons à un déport progressif du champ sanitaire vers le médico-social, conséquences de la dynamique inclusive sur les structures de droit commun qui accueillent les profils moins complexes.

 

Des difficulté de recrutement et des moyens budgétaires limités

 

Bien que cette population requière plus de soins, la présence de pédopsychiatres dans les IME se raréfie et la pénurie de professions para-médicales progresse, en particulier, pour les orthophonistes et psychomotricien(ne)s. Mais il est aussi parfois difficile de recruter des personnels socio-éducatif (le taux d’ETP vacants a plus que doublé en 6 ans). La mission note que si la pénurie de certaines professions grève la qualité d’accompagnement, elle a pu toutefois observer un déploiement des méthodes de communication adaptées ainsi qu’une relative appropriation des bonnes pratiques – malheureusement pas toujours mises en œuvre faute de moyens suffisants.

« Pour les IME, reconnait-elle, la modularité des parcours et la transformation en dispositifs intégrés se traduit par des besoins qui impactent les organisations et les identités professionnelles. Sur le plan budgétaire, le passage d’un fonctionnement encore cloisonné à un dispositif ouvert sur le territoire impose un effort financier initial qui n’est pas à sous-estimer. La diversification des modalités – qu’il s’agisse d’un accompagnement séquentiel, d’interventions éducatives à domicile ou de l’appui à une scolarisation en milieu ordinaire – entraîne une complexité logistique inédite et génère de nouvelles charges, notamment en termes de temps et coûts de déplacement. » Et d’ajouter qu’à vouloir décloisonner trop largement et trop rapidement dans un contexte de contraintes RH et budgétaires, se profilent des risques de dégradation des accompagnement d’enfants et de leur famille…

 

Un manque de places en IME

 

Concernant les listes d’attentes et le manque de place, le rapport précise que l’orientation et le maintien par défaut de certains enfants en IME empêchent l’entrée de ceux qui y auraient leur place, comme les jeunes ados, par manque de solutions alternatives (ex en ULIS) mais aussi des enfants pour lesquels l’inclusion en milieu ordinaire n’était pas le bon choix et arrivent en IME avec davantage de difficultés que précédemment...

Ainsi 15 % des enfants en IME présentent un TDI sans autre vulnérabilité offrant une marge de progrès à réaliser en matière d’inclusion et que par ailleurs un nombre de places restent occupées par les jeunes en amendement Creton dans un contexte où l’offre adulte n’est ni suffisante ni adaptées aux attentes des jeunes adultes.

 

L’IME, quelquefois comme première porte de l’inclusion 

 

L’inclusion, nous dit la mission, ne peut se limiter au temps scolaire : elle doit s’étendre aux temps péri et extrascolaires, aux loisirs, à la formation, à la vie sociale et professionnelle, de l’enfance à l’âge adulte.

« En ce sens, l’IME constitue un agent facilitateur de l’autodétermination et de l’autonomisation de l’enfant ou du jeune dans toutes les dimensions de sa vie quotidienne et de ses projets, comme un agent accélérateur d’une société plus inclusive ».

La réglementation ministérielle récente (cahier des charges de juillet 2024 sur le fonctionnement des IME en dispositif intégré) accélère cette logique renforcée de l’inclusion et de l’individualisation de accompagnements. Mais le rapport souligne le risque de cette transformation , aujourd’hui insuffisamment pensée, qui est de devoir faire plus avec des moyens insuffisants, au risque d’aller trop vite au regard des contraintes opérationnelles, faisant souvent naître des signes d’épuisement professionnel avec un risque de démobilisation..

Et de préciser en guise de conclusion, « aussi paradoxal que cela puisse apparaître, la réussite du processus d’inclusion des enfants en situation de handicap suppose le maintien d’IME, organisés différemment d’aujourd’hui. »

 

Les Creai, forts de l’accompagnement du secteur médico-social depuis 60 ans, restent naturellement à dispositions des établissements et services pour accompagner cette transformation de l’offre...

 

Pour consulter le rapport : Rapport Igas (IME).pdf

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